L’ accompagnement psychosocial sans masque

En comparaison avec le monde de la psychothérapie, nous constatons une relation plus simple entre praticiens et public au sein de l’accompagnement psychosocial tel que nous l’avons connu. Les cadres y sont aussi fermes et leur solidité est garante de l’indispensable confidentialité, sécurité, intégrité.

Contrat mutuel :

Les courants représentant les thérapies dites courtes ( se démarquant des thérapies dites longues ) ont insisté sur la notion de contrat moral sinon de contrat tout court. Cela définit le temps qui passe, les repères à l’intérieur de ce temps et ce qu’on en fait ensemble dans le travail. On s’engage donc mutuellement, clients et praticiens sur une durée déterminée et on dresse un bilan au terme de cette durée.

Le temps qui passe :

Ce repère fort est repris en accompagnement psychosocial, il nous rapproche des thérapies dites courtes. Au contraire, dans les thérapies dites longues, le temps est délibérément indéfini, voire indéfinissable, c’est une volonté et un fonctionnement propres à ces courants. L’exemple le plus célèbre est celui de la cure analytique, vous savez quand vous la commencez et à quel rythme, mais vous ignorez quand vous l’arrêterez si tant est qu’elle s’achève un jour. En revanche, la séance thérapeutique dure un temps sévèrement minuté et vous congédie à l’heure exacte, le repère temporel y est ici très fort. Ce n’est pas le cas en accompagnement psychosocial où un temps de séance est variable en fonction de ce qui s’y déroule.

Le thérapeute a-t-il besoin de ses clients :

Ce sont les questions qui dérangent vite car oui, les thérapeutes ont parfois ou souvent besoin de leurs clients pour vivre. Réponse à prendre en tous sens du terme, ce n’est pas une simple question de gagner sa vie professionnellement, de gagner de l’argent, l’enjeu dépasse la considération matérielle. Il en va de la place que l’on occupe dans le monde social, la raison d’être de sa propre existence dans la société, du devenir personnel, de l’identité sociale qui s’est forgée, d’une représentation profonde de soi-même, avec valeurs et image. Vous voilà psychothérapeute.

Et cette relation de lien, dans le sens psychothérapeute vers clients, a été peu étudiée. Par contre, la relation dans l’autre sens, c'est-à-dire le client qui a besoin de son psychothérapeute pour vivre, a donné lieu à maintes recherches et même produit une littérature conséquente. Car ici, les spécialistes vous parleront des notions de transfert et aussi de contre-transfert. Ce sont d’indéniables réalités, elles ont été beaucoup travaillées par les milieux psychanalystes, puis reprises par d’autres écoles. Il est vrai qu’elles concernent toute activité professionnelle prolongée dans le domaine de la relation d’aide lorsque deux individus s’y rencontrent : l’aidant et l’aidé.

Ces phénomènes de transfert sont donc présents en accompagnement psychosocial et ils sont pris en compte. Cependant, ils vont y être traités différemment et sans doute moins inégalitairement car, et c’était un exemple, l’aidant a aussi besoin de ses aidés de clients pour vivre.

La supervision des professionnels :

Le public, du moins le public favorable au monde psycho, se fabrique souvent un idéal de thérapeute, une image de personne nécessairement très équilibrée. Mais nous savons tous que cette image idéale n’est pas vraiment fondée, les professionnels de la relation d’aide psychologique ont leur part de fragilités, ce sont des gens ordinaires et heureusement. La différence, c’est qu’ils sont censés avoir travaillé avec d’autres professionnels, et ceci en profondeur, sur leurs zones d’ombres et leurs fragilités.

C’est ce travail qui permet d’éviter un risque bien réel : le parasitage. Par ce terme nous entendons le phénomène qui consiste entre autre à projeter nos misères, nos peurs, les dégâts de nos histoires personnelles sur les gens avec qui nous travaillons, sans leur dire bien sûr. Nous faisons ça inconsciemment, dépassés par ce qui nous envahit.

Et en plus d’un travail approfondi en psychothérapie, certaines écoles cliniciennes demandent à leurs praticiens, déontologiquement, de recourir périodiquement à la supervision.

C’est un espace-temps où les professionnels discutent de cas pratiques avec des collègues superviseurs, des cas particuliers où ils ressentent leur propre difficulté intérieure.

C’est l’anti-parasitage par excellence, une sécurité au service des clients. Mais rien n’est parfait, la supervision ne se passe pas en direct sur le terrain mais en différé et en relaté. Le professionnel « x » relate donc au superviseur « y » des aspects de son travail en cours avec le ou les clients « a ». Un psychothérapeute tourmenté par ses démons et un rien manipulateur ne racontera en supervision que ce qu’il voudra bien raconter et dans ces cas-là, ce sera un travail difficile et subtil pour le superviseur de percevoir le malaise.

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