Des gens en deuil

Nous ne proposons pas d'article construit sur les questions concernant le deuil, en donnant à ce mot son sens le plus courant, à savoir la situation d'avoir perdu un ou des proches et de vivre une période x voire interminable de déstabilisation et de rééquilibrage en fonction de cette disparition.

Selon notre expérience d'accompagnement, la psychologie sociale est pertinente mais reste limitée quoiqu'on en dise sur ce sujet. Une des raisons, peut-être même la première raison est celle-ci : le champ spirituel ici n'interfère pas, il est constant même quand il n'est pas nommé spirituel.

deuil


Il est préférable pour l'intervenant psychosocial de rester quelque peu en retrait. Cela ne veut pas dire désinvestissement ou absence. C'est une position de réserve qui ne signifie pas l'annulation d'un travail avec les autres. Mais ce travail ne devrait pas être centré sur le deuil lui-même, parce que la psychologie sociale sera alors dépassée par la question.

Le cheminement du deuil est excessivement existentiel, donc spirituel car à ce stade d'intensité du vécu il n' y a pas de distinction entre les termes existentiel ou spirituel. Cela est aussi indépendant de l'affaire religieuse, que vous soyez grenouille de bénitier ou athée fort en gueule vous n'échappez pas à la tempête existentielle/spirituelle quand il s'agit de naître ou de mourir.

Par ailleurs, ceci n'est qu'un site Internet et les animateurs de ce site ne sont pas matérialistes et ils partagent le quotidien de nombreux habitants du monde confrontés aux réalités brutales (c'est bien l'adjectif que je choisis) de la vie sur terre, de la vie dans l'au-delà, du cycle des renaissances et du karma.

Comme nous n'avons aucune compétence à être guide spirituel, comme ce n'est pas de notre ressort, nous ne parlons pas de ces choses-là.

Concernant l'attitude matérialiste qui est plus qu'aveugle sourde et muette, on ne peut pas y faire grand-chose, il y a toujours évidemment une histoire personnelle derrière et l'expression d'un blocage quasiment psychiatrique, de toute façon très lourd, nous pourrions nous pencher sur leurs causes et leurs origines, oui. Mais nous ne sommes pas psychiatre,nous ne pouvons pas soigner les gens, nous ne pouvons pas soigner les matérialistes. Notre position de réserve consiste aussi à ne pas heurter les gens inutilement, à ne pas les entraîner dans des confrontations, d'autant plus dans des circonstances de deuil.

Ceci étant, les personnes matérialistes se mettent souvent dans la tête que les non matérialistes souffrent moins qu'eux après le décès d'un proche. Les matérialistes croient que les autres étant habitués à concevoir la vie après la vie, ils se consolent plus vite et reprennent du poil de la bête plus facilement qu'eux. Comme quoi il est enviable d'avoir la foi et cætera..

Ils se trompent encore. Les réalités du deuil chez les non matérialistes sont plus compliquées que cela. Ne serait-ce qu'à cause du fond des réalités spirituelles, c'est pourquoi je les qualifiais de brutales. Nous évoquions le cycle des renaissances et du karma, alors que tout le problème est bien d'en sortir et de ne plus revenir sur terre, problématique que partagent les hindouistes et les bouddhistes malgré leurs différends, d'autre part les craintes personnelles des chrétiens et des musulmans peuvent se révéler bien sombres quand ils envisagent leur jugement et leurs conditions de vie dans l'au-delà…

Mais pour en revenir au plan plus limité de l'accompagnement psychosocial, que peut-on dire de l'évolution d'une personne en deuil dans les semaines, les mois qui suivent le décès d'être(s) cher(s) ? Sinon que c'est complètement imprévisible, toutes les surprises sont possibles, et dans n'importe quel cas de figure. C'est vraiment l'une des situations de vie les plus difficiles à prévoir et à prévenir sur le plan psycho.

Encore une fois, ce constat n'invalide pas le travail psychosocial, nous pensons simplement que ce travail deviendra pertinent s'il demeure dans des limites qui certes ne sont pas faciles à définir.

Mais d'une façon générale, plusieurs articles de ce site évoquent une sorte de méta-thème, une constante qui revient ici et là comme en filigrane et c'est le méta-thème de la séparation. C'est-à-dire que toute personne peut avoir la sensation, le sentiment puis la pensée, de plus en plus fréquents d'être séparée de son environnement. Que cet environnement soit humain, animal, végétal, socio-culturel ou ce qu'on voudra d'autre, le leitmotiv devient : il y a moi et le monde extérieur, je suis séparé(e) du monde extérieur, je compose avec comme je peux mais en réalité il n' y a plus de lien entre moi et le monde extérieur.

Cet état, cette perception intime de la relation au monde est une problématique de fond. Elle devient inquiétante dans ses extensions, entraînant alors un sentiment convaincu de solitude absolue. Lorsque la chose demeure dans des limites, elle s'avère un phénomène finalement assez courant et c'est pourquoi elle influence nombre de questions de vie quotidienne, dont celles que nous abordons à travers ce site.

Alors, bien sûr, dans une affaire aussi lourde que le deuil, la séparation est au cœur des tourmentes. Mais il s'agit ici de la séparation physique terrestre avec une/des personnes bien précise(s). Toute la question va se jouer autour de comment on vit avec cette séparation jusqu'au terme de notre propre existence terrestre. Comme le dit la chanson, le plus malheureux c'est celui qui reste, c'est un refrain bien connu.

Jusque là c'est la part psycho, le b-a ba de la part psycho. Un point de départ qui se révèle en fait entouré d'une mer de questionnement spirituel, un simple point au-dessus de la surface qui s'y replonge aussitôt. Nous pourrions nous dire : tiens, nous avons isolé le thème psychosocial de la séparation dans le deuil et nous allons maintenant être en capacité de travailler dessus.

Ce serait une illusion.

C'est pourquoi nous préférons aborder la question avec une sorte d'obligation de réserve.

Retour en haut

SI VOUS CHERCHEZ ...


Accompagnement psychosocial : thème 1
Adolescence: thème 4 et thème 8
Amour (sentiments, représentations, réalités…) thème 3, thème 4 et thème 8
Analyse systémique : thème 2
Bénévolat : thème 7
Couple : conjugal : thème 3 et thème 4
Couple : parental : thème 3, thème 4, thème 7, thème 8, et thème 9
Crime : thème 5
Désir (libido…) : thème 4
Deuil : thème 10
Ecole (scolaire) : thème 8
Erotisme : thème 4 et thème 6
Europe de l’ouest, problématiques de vie courante : thème 6
Famille, entretiens familiaux : thème 2, thème 3, thème 7, et thème 8
Gestalt-thérapie : thème 2
Identité (culturelle, de langue, géographique…) : thème 9
Insécurité (sentiment d’insécurité) : thème 5
Maladie de longue durée : thème 7
Média (rôle, influence…) : thème 4, thème 5, thème 6, et thème 8
Métis, métissage : thème 9
Parent, parentalité : thème 3, thème 4, thème 7, thème 8, et thème 9
Parents d’élève : thème 8
Psychothérapie (écoles, courants, pratiques…) : thème 1, et thème 2
Sexisme (masculin et féminin) : thème 4
Sexualité : thème 3, thème 4, et thème 8
Victime : thème 5

Hit-Parade

Copyright © 2012 Psycho de Métis - Patrice Doye Tous droits réservés