Europe, modes de vie, travail, la santé mentale en alerte

Europe

Tout ce qu'on entend dire sans résultat effectif

Depuis longtemps les penseurs nous décrivent répétitivement les méfaits de la vie moderne dans nos pays. On mange mal, on est trop pressé, on fait du bruit, on dort mal, on s'aère mal et tout le reste…aussi justes qu'elles soient, ces observations devenues litanies n'ont pas modifié structurellement les méfaits des modes de vie.

Cette constatation est déjà perturbante en soi, car quel est le sens de désigner savamment ce qui ne va pas et de voir aussi peu les choses évoluer après ? Cela peut nous procurer un certain malaise, une perte de sens, quelque chose qui a à voir avec l'absurde, nous rend fatalistes, nous incline à fuir la conscience des problèmes…un sacré effet pervers alors, mais en matière psychosociale,il nous faut composer avec ce nouvel état d'esprit, cette mentalité en mouvement qui agit à son tour sur notre relation au monde.

On nous compare aux pays pauvres

Nombre de commentaires nous sont tenus sur les pays relevant de ce qu'on appelait jadis le tiers-monde : comme quoi les gens ont décidément la vie bien dure là-bas mais voyez comme ils sourient cependant de toutes leurs dents quand ils ne les ont pas perdues. Alors qu'en Europe, les habitants font la gueule, se plaignent, traînent leur morosité.

Il est sous-entendu là que ces Européens nantis devraient faire leur autocritique, prendre sur eux, regarder la misère des continents lointains puis contempler tous les avantages qu'ils ont ici en tant que pays riche et développé, s'estimer heureux en fin de compte.

Ce sont là de belles résolutions mais elles ne marchent pas non plus.

Cela n'a rien d'étonnant. Les années 2000 sont passées, et la vie dans les sociétés européennes s'avère bel et bien toujours plus déstabilisante sous de multiples aspects.

Les gens n'y font pas exprès d'aller mal, ils ont des problèmes et des souffrances qui sont spécifiques et qui s'imposent comme réalité construite dans cette partie du monde.

Est-ce qu'il existe une réalité d'aliénation dans le quotidien africain ? Oui certes, et il s'en trouve une d'un autre genre en Europe. Elle fonctionne différemment parce que la vie y est très différente. Elle frappe différemment, mais elle frappe quand même.

Les aspects agressifs et déstabilisants de la civilisation moderne ont eu aussi le talent d'unifier les bobos (au sens faire mal) d'Europe de l'ouest.

Si nous voulons défendre l'idée que le travail psychosocial peut améliorer l'existence des petites gens il est nécessaire de rappeler que leur univers quotidien est aussi issu d'une évolution historique, géographique, culturelle, économique, sociopolitique et tout ce qu'on voudra…

Cette évolution a produit un environnement duquel nous sommes dépendants et dont la puissance des enjeux comporte un risque, celui de nous faire baisser les bras. L'accompagnement psychosocial ne veut justement pas.

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Ce qui rend dingue c'est : la complexité plus les paradoxes

Puisque tout le monde est au courant, nous n'allons pas répéter ici comment la vie quotidienne a changé dans nos pays dans le monde du travail comme dans le reste et qu'elle est plus compliquée qu'avant. Et d'ailleurs les différences entre pays et régions d'Europe de l'ouest se sont réduites, c'est un processus de relative uniformisation qui concerne cependant plus certains domaines de la société que d'autres.

La complexité, il faut l'entendre dans un sens de complexification. Elle nous met en face de phénomènes fatigants mentalement, nerveusement, ou l'on dira stressants ou ce qu'on voudra. A cela s'ajoutent des situations dites paradoxales, des paradoxes répétés. Eux sont un petit coup tout aussi répété pour l'équilibre mental, cela fait une somme de bizarreries déroutantes sans réelle issue. Elles affectent tout le monde, mais dans une certaine mesure, et c'est là qu'apparaît le flou artistique de la question, car il est bien sûr impossible de chiffrer, de mathématiser, c'est en fonction de, c'est du cas par cas. L'affaire se personnalise car bien des fois les effets vont dépendre de votre état personnel, de votre forme personnelle les jours de votre rencontre avec les situations de complexité et de paradoxe.

Complexité et paradoxes à la rencontre des fragilités personnelles

Le facteur du risque de déstabilisation oscille à des degrés divers, c'est une question d'impact des défis quotidiens pour l'esprit et le système nerveux notamment en résonance avec des moments, des périodes où une personne donnée ne va pas très bien. Elle ne va pas très bien pour un tas de raisons, elle a peut-être des ennuis bien précis, les contrariétés stressantes ont augmenté de façon significative, elle connaît un accident de vie…peut-être aussi un incident a déclenché la remontée d'un malaise ancien, d'une blessure psychologique ancienne héritée d'un passé difficile.

Quoiqu'il en soit, c'est une mauvaise période et cela fait que ce qu'on encaissait avant quotidiennement est désormais de trop, il y a donc un risque sérieux de déstabilisation

Nous nous situons bien dans le cadre supposé banal de la vie de tous les jours. Nombre d'actes ou de transactions y concernent les relations humaines au sens large. Les dysfonctionnements de communication, par exemple, n'en sont qu'une partie. Les phénomènes placent les personnes en scène dans des positions déphasantes. Cela arrive en voiture, dans les transports publics, devant un écran de télévision, d'ordinateur, dans un magasin, une agence commerciale ou administrative, devant une opération publicitaire, dans un tribunal,partout…

Des mini-impacts de stress ponctuels qui ont un effet parce qu'ils s'inscrivent aussi dans un cycle de perturbations qui se reproduisent avec une certaine fréquence.

Nous ne disons pas le mot aliénation qui paraît déplacé ou exagéré mais cependant c'est déjà une forme latente d'aliénation. Nous devons en tenir compte et composer avec elle.

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La problématique des gens trop normaux

Un certain nombre de gens sont tellement entraînés à vivre les aberrations du système social et de civilisation qu'ils sont à peine conscients, voire pas, de l'étrangeté agressive du système en question.

Ces gens sont en apparence bien adaptés . D'aucuns diront normalisés ou autres termes. Des gens qui vivent les choses comme relevant de l'ordinaire et du banal, des choses qu'ils perçoivent comme étant rien à signaler. Il s'agit donc bien pour eux d'une absence de signal

Dans le monde judiciaire, on a vu des experts psychiatres auprès des tribunaux parler d'hyper-normalité au sujet de certains accusés d'homicide. Des criminels de sang sans antécédent, menant une vie très régulière, qui un jour, une seule fois, sont passés à l'acte meurtrier sur une tierce personne n'appartenant pas à leur entourage. Etre hypernormal et assassin du point de vue des psychiatres est un concept qui ne manque pas de mystère Mais comme notre propos présent n'est pas d'ordre psychiatrique, nous reviendrons seulement à notre observation de considération psychosociale, à savoir cette fameuse absence de signal
Disons que problème se pose sans nul doute par les effets qui sont déclenchés chez des gens dont la conscience est abaissée jusqu'à qu'ils ne se rendent plus ou pas compte de l'étrangeté nocive de ce qu'ils vivent au quotidien. Des effets pervers probablement et lorsque le mal-être finit enfin par s'exprimer chez ces citoyens modèles et prototypiques, il tend à se focaliser de façon disproportionnée et confuse sur des objets presque secondaires, presque bouc-émissaires, et jusqu'à l'obsession.

Fragilité et dangerosité

La problématique des gens trop normaux nous entraîne vers un lien possible concernant un tout autre article que nous avons proposé et intitulé l'aide aux victimes. C'est simplement parce qu'ici nous voulons rappeler que les rôles ne sont pas si figés et que victimes et criminels peuvent intervertir leur place au cours de leur existence ici-bas

Une existence qui se déroule dans le cadre d'une société. Elle s'affiche financièrement riche et elle l'est aussi matériellement, technologiquement, scientifiquement et j'en passe…mais cette richesse cohabite avec une somme de misères qui sont non seulement tout aussi matérielles parfois, mais aussi morales, spirituelles, mentales, culturelles, affectives, sexuelles, toutes les misères humaines et de relation au monde à l'état brut.

Il faut se représenter ce que produit une première vague de chocs d'images, car cette civilisation a bien sûr énormément bâti sur l'image et l'audiovisuel, donc sur le fait de voir et entendre. C'est un risque à courir , ce raz de marée d'images et de paroles va renforcer la perception de vivre des réalités paradoxales, même si c'est mal conscient et confus. Il n' y a pas de mystère, la vie des petites gens ne ressemble guère à ce qu'ils voient tous les jours dans le déferlement des images où par exemple luxe et volupté sont représentés comme réalités banales et ordinaires.

Nous avons là bien affaire à une société avide de présenter fantaisies et fantasmes alors que le monde réel qu'elle produit en est tout le contraire. Ce qui aboutit à une capacité sociale de déstructurer le psychisme d'individus, de familles, de groupes entiers, peut-être pas volontairement mais avec un résultat identique. Cela facilite une sorte de re-fabrication de gens fragiles et dangereux.. C'est-à-dire qu'une frange de la population va se révéler fragile mais aussi potentiellement dangereuse lors de passages à l'acte imprévisibles. Ces actes peuvent être autodestructeurs, ou bien destructeurs pour autrui.

Cette combinaison fragilité-dangerosité est repérable aussi bien individuellement que collectivement, elle s'applique donc à soi tout seul comme à un groupe d'individus.

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Le travail, c'est la santé ou la mort

Nous connaissons tous le vieux refrain réactionnaire des braves gens qui nous ont répété que le travail ça n'a jamais tué personne. Refrain qui trouve de moins en moins d'écho avec le temps. Nous n'avons aucune ironie déplacée envers ces braves gens car ils ont aussi été des gens sympathiques et compétents mais leur propos apparaît d'un autre âge.

La mode est à la découverte tardive de la dégradation des conditions de travail et des troubles violents qu'elle entraîne. Curieusement, le domaine sanitaire, la sécurité, l'hygiène ne sont pas les facteurs les plus mis en avant dans la dénonciation. Nous disons que c'est curieux en prenant en compte la richesse matérielle et la puissance industrieuse d'un pays tel que la France par exemple, où l'état physique de tant de travailleurs laisse à désirer, mais ce ne sont pas ces mauvaises conditions de travail qui sont mises en avant dans la polémique. Les règles de l'ergonomie, pourtant capitales pour réduire ce qu'on appelle maintenant la pénibilité ne sont pas le sujet le plus débattu. C'est une première chose regrettable.

L'esprit du temps s'attache plus à la dénonciation du stress chronique. Mais rien de nouveau, hélas. Que dire encore, nous savons comment ça marche physiologiquement ce stress. Comment il impose des coups de frein trop répétitifs, trop fréquents aux systèmes corporels, l'un des plus frappants de ces systèmes étant d'ailleurs le système immunitaire. Nous savons les conséquences et les risques de ces affaiblissements.

Ainsi nous savons comment ces phénomènes favorisent la formation des plaques d'artériosclérose, la fabrication des graisses surtout abdominales et thoraciques donc les plus dangereuses à terme, et ainsi de suite.

Et sur un plan strictement psychosocial, nous savons bien que ce stress chronique a un lien universel avec toute culture basée sur le culte de la pression hiérarchique, la dévalorisation des subalternes et de leurs tâches, car les ravages sont bien plus répandus et destructeurs chez les subalternes, c'est statistico-mathématico-épidémiologiquement établi depuis longtemps.

A partir de là, nous pourrions partir sur des exposés et des sous-chapitres interminables, c'est justement ce que nous n'allons pas faire, tant il y aurait de redites. Nous avons à la place une revendication simple et brutale : faîtes enfin entrer massivement la psychologie sociale de terrain dans les entreprises. C'est seulement là qu'on pourra agir. Que tant de travailleurs psychosociaux soient au chômage chronique et privés de débouchés constitue la plus remarquable aberration d'un monde du travail enlisé dans ses absurdités. Ne nous racontez pas vos histoires de politiques budgétaires, de récessions et de crises. Les intervenants psychosociaux fonctionnent par vacations nécessairement sur des durées assez courtes et doivent négocier un tarif raisonnable. Faîtes place aux priorités et par conséquent faîtes-nous travailler là où les salariés ont mal. Fin de communiqué.

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Exemple de paradoxe : le thème de l'évacuation du stress

Les hauts lieux psycho-médiatiques encouragent régulièrement les gens à trouver les moyens d'évacuer leur stress. Du moins, une partie du stress qui menace la santé : le mauvais stress. Puisqu'il paraît qu'il y en a un moins mauvais que l'autre, ça marche un peu comme le cholestérol.

Comment s'y prend-on donc pour évacuer le stress ? En terme d'activités, un tas de choses semblent bénéfiques : sportives, artistiques, naturelles, socialisantes…on s'y défoule ou bien on y vit autrement en tous cas.

Et puis c'est devenu un modèle répandu dans la vie moderne des actifs : avoir une et surtout plusieurs activités dites de loisir.

Sans doute on y gagne. Ou peut-être on regagne une partie de ce qu'on a perdu. Car le problème de fond, ça reste la vie à côté de ça. En effet, si vous passez votre journée à stresser pendant huit heures dans le monde professionnel par exemple, et que vous cherchez comment vous déstresser pendant le temps dit libre, la vie a quand même un aspect étrange. Une expression est devenue courante, avec une forte connotation de développement personnel, elle dit : maintenant (pendant une heure ou deux ou dimanche) maintenant je fais quelque chose pour moi .Cela sous-entend : je sors du domaine professionnel, je sors des tâches domestiques, et cela sous-entend encore plus " qui me bouffent l'essentiel de mon temps de vie ".

C'est à se demander si ces activités ressourçantes, régénérantes, dont le volume temporel, la quantité, sont réduites exigent du coup de présenter une forte qualité. Ces activités seraient-elle là pour permettre à cette personne de continuer à être fonctionnelle le reste du temps plein ? De pouvoir ainsi retourner dare-dare stresser au travail et se coller aux contrariétés de la vie du foyer ?

C'est simplement une question. Mais si c'est le cas, alors on est en face d'un système circulaire fermé, une machinerie du genre thermostatique qui trouve mécaniquement son équilibre interne.

Ou comme si la vie en mouvement se composait d'activités et de contre-activités. Le questionnement resurgit : ce loisir supposé de plaisir programmé en journée et en semaine est-il alors si libre et si spontané, dépourvu d'un enjeu vaguement thérapeutique ? Est-il vraiment physiquement, psychiquement gratuit ou représente-t-il aussi un autre phénomène devenu indispensable et utilitaire ?

Imaginons qu'il n'y ait pas de stress à évacuer, imaginons une situation de vie quotidienne au long cours plutôt détendue. Ferait-on encore cette activité de loisir- là, et si c'est le cas, question encore plus importante : la ferait-on de la même manière ?

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Le régime alimentaire sacralisé, exemple d'une névrose psychosociale

Trouver l'alimentation idéale est une mode récurrente, largement relayée par les média, comme toujours, parce que sinon la sauce prendrait difficilement, sans mauvais jeu de mots.

La chose dépasse le cadre d'une politique de santé préventive, c'est devenu un enjeu commercial avec même une base quasi-idéologique sur la question de savoir : comment manger le plus sainement possible en vue de rester en bonne santé et de vivre vieux, voire très vieux. Quelle alimentation quotidienne va-t-elle nous permettre d'atteindre cet objectif.

On disait jadis que lors des grands repas de famille (élargie) il fallait éviter de parler de politique et de religion. Comme ça la réunion ne dégénérait pas en disputes qui gâchaient tout. Mais c'est qu'aujourd'hui, un nouveau sujet déchaîne les paisibles assemblées : les choix alimentaires des uns et des autres, pourquoi on mange ceci plutôt que cela, et préparé selon telle méthode plutôt que telle autre. Il est vrai aussi que les générations passées ont été plus homogènes dans leurs modes d'alimentation et n'ont pas connu une société de consommation agro-alimentaire moderne déchaînée.

Donc vous parlez de cela et en quelques minutes le débat peut dégénérer car il est devenu passionnel et idéologique. C'est que par-dessous s'est installée une sorte de croyance médiatisée mais pas exprimée ouvertement, une croyance disant plus ou moins que suivant ce qu'on mange, on vit longtemps, en bonne santé, et on est heureux.

On est heureux parce qu'on mange ce qu'il y a de mieux pour la santé. D'ailleurs on vit centenaire et ainsi de suite. Cette croyance dit sans le dire que des gens vivant quotidiennement du stress au travail, dans les transports, des contrariétés à la maison, se défoulant éventuellement dans un sport agressif pour réguler leur tension nerveuse vont en réalité commencer à retrouver la forme, le bonheur et la longévité grâce à un certain régime alimentaire.

Certes nous pouvons par exemple nous inspirer des repas traditionnels préparés en Crète ou à Okinawa, deux petits pays insulaires qui sont en tête de la longévité humaine en bonne santé. Ce travail statistique soit dit en passant est très différent de celui consacré à l'espérance de vie car l'espérance de vie vous promet une moyenne de quatre-vingt années sans vous préciser que dés soixante ans vous serez éventuellement malade chronique, handicapé et dépressif.

Tout ça pour dire qu'on vit vieux et en assez bonne santé en Crète et à Okinawa en tenant compte que cette santé est déterminée par les modes de vie des habitants. Or on ne fait pas que manger dans la vie, c'est bien connu.

A quoi sert-il alors de diffuser et entretenir cette croyance basée sur un régime alimentaire qui à lui tout seul va sauver tout le monde ?

Pas un mot n'est dit sur le sommeil alors que selon sa qualité ou sa fragilité, il va au long terme jouer un rôle considérable dans la prévention ou l'apparition de nombreuses pathologies. Pourquoi tant de littérature et d'émissions sur bien manger et aussi peu sur bien dormir ?

Pourquoi aussi peu de diffusion autour de l'épidémiologie, qui constitue quand même la base de toute étude visant à essayer de comprendre ce qui se passe dans une société, un pays,concernant la santé des habitants ?

Et pas plus d'approche sociologique. Bien sûr qu'il se passe des choses intéressantes en Crète, à Okinawa et aussi ailleurs, mais ce n'est pas seulement dans l'assiette. La vie des autochtones ne ressemble pas beaucoup à celle des travailleurs précaires banlieusards, ni à celle des cadres de l'Ile-de-France. Les Parisiens ne peuvent pas avoir le beurre et l'argent du beurre.

De toute façon, le beurre ce n'est pas bon pour leur santé. Faire reposer la longévité en bonne santé et une forme de bonheur existentiel exclusivement sur le mode d'alimentation est une étrange escroquerie idéologique et commerciale. Elle conduit à une vision de la vie quotidienne, à une relation avec le quotidien, tellement réduites que cela favorise une relance des comportements névrotiques, individuellement et collectivement.

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Stratégies systémiques et dérives possibles des thérapies individualistes

Au vu de tous ces sous-thèmes que nous abordons (et ils ne sont que des exemples fragmentaires de tout ce qu'il y aurait à survoler) concernant la santé psychique et les modes de vie européens, nous considérons le risque de travailler en terme exclusif de psychologie individuelle. La résonance sociale est si forte, son action si influente, qu'il devient difficile de séparer l'intrapsychique du systémique.

En fait, dés le moment où nous voulons travailler avec les phénomènes engendrés par l'interaction sociale, où nous considérons l'individu face à son environnement, nous basculons déjà dans une perspective systémique.

Ceci dit, en quoi les accompagnants psychosociaux auraient-ils talent, compétence de changer le monde, d'améliorer la société ? Ils ne l'ont pas plus que vous, ou ils l'ont autant que vous. Nous sommes tous emportés dans ce tourbillon qui interagit en permanence. Mais nous pouvons au moins en avoir conscience et nous baser sur ces données phénoménales.

Dans les psychothérapies individualistes, il arrive que le sujet (appelez-le client ou pour les médecins psychiatres patient) soit incité à une certaine forme d'attitude. Elle n'est pas spécialement voulue par le thérapeute mais elle est favorisée par le parti pris intrapsychique. Cette attitude, c'est le refus progressif de considérer le rôle de l'environnement, et c'est la responsabilisation à outrance de la personne en thérapie. Celle-ci se persuade intérieurement (encore une fois ce n'est pas forcément le thérapeute qui lui tient ce discours) qu'elle peut tout changer dans sa vie et qu'elle possède toute seule les clefs du changement. Parallèlement, ce type de client investit démesurément dans l'idée que la psychothérapie est une chose capable de révolutionner son existence.

Evidemment, ces gens s'enferment dans une illusion qui risque classiquement de se transformer en déception, risque aggravé par un égo sur-dimensionné, classique de quelqu'un qui au fond est très retourné sur soi-même.

Ce n'est pas le but des professionnels travaillant en thérapies individualistes, mais ils ne sont pas clairement démarqués de cette attitude, ne la remettent pas forcément en cause et vont plutôt adopter là-dessus une position ambiguë.

L'optique est différente dans l'accompagnement psychosocial à cause de l'influence du travail systémique. Dans la vie, on ne peut pas tout imputer à l'environnement et tout ne relève pas non plus de la seule responsabilité individuelle. La relation au monde est une interaction constante, une interdépendance, vous m'influencez je vous influence par ce que je fais et ne fais pas, par ce que vous faîtes et ne faîtes pas.

L'analyse systémique n'est pas facile à aborder, elle se révèle encore plus complexe que toute analyse individuelle.

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Accompagnement psychosocial : thème 1
Adolescence: thème 4 et thème 8
Amour (sentiments, représentations, réalités…) thème 3, thème 4 et thème 8
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Couple : conjugal : thème 3 et thème 4
Couple : parental : thème 3, thème 4, thème 7, thème 8, et thème 9
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Psychothérapie (écoles, courants, pratiques…) : thème 1, et thème 2
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Sexualité : thème 3, thème 4, et thème 8
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