Le surinvestissement dans le couple et dans le foyer familial

Au cours des années 2000, on nous a répété dans la presse, à la radio, la T.V et divers media que l'on constatait dans nos sociétés un mouvement de repli des valeurs personnelles sur le couple, le foyer, la maison, la famille au sens parents-enfants…

le surinvestissement

Le tout présenté comme une tendance, presque une mode, mais il faut admettre que l'observation est assez juste. A condition de rappeler qu'il s'agit bien de priorités de valeurs personnelles.

La société actuelle, nous le savons, est un ensemble particulièrement complexe. Son évolution constante déclenche des mouvements d'adaptation ou toutes sortes de réactions de la part des personnes vivant dans cette société, jusque là c'est assez logique. Cela va-t-il déboucher sur des phénomènes problématiques ?

Une société d'éclatement où on ne s'éclate pas



En tous cas, ce qui interpelle déjà dans un sens problématique, c'est la situation de la société au départ : elle multiplie les occasions d'éclatement, de séparations (nous parlons au sens très large de tout ce qui vient séparer choses et gens), de dispersion, de déracinement ou d'absence d'enracinement, d'instabilité, de précarité, de déclin des repères encadrants…nous allons abréger la liste et la litanie, nous savons que cela concerne tous les domaines, le travail, le social , le sport, l'éducation, le religieux, nous n'allons pas nous étendre.

La famille élargie disparue


Un petit mot peut-être sur le déclin ininterrompu depuis déjà longtemps de la famille élargie (clan familial) au profit de la famille nucléaire (le noyau parents-enfants) qu'elle soit recomposée ou pas recomposée.

Il est significatif qu'il y ait eu en France un sursaut juridique sur les droits des grands-parents après une longue période troublée où un certain nombre de grands-parents se sont montrés revendicatifs, mais cette négociation illustre bien une partie des problèmes qu'engendre la disparition fréquente de la famille élargie dans la vie quotidienne actuelle.

Par ailleurs, rappelons une chose assez simple : les grands-parents ont d'abord été des enfants, puis des parents eux-mêmes. Si, lorsqu'ils étaient jeunes, ils n'ont pas eu l'expérience de vie de la famille élargie, s'ils n'en ont pas eu sa culture, son sentiment, ou s'ils ne les ont pas acquis, ils ne sauraient s'étonner d'être aujourd'hui des grands-parents séparés de leur descendance. Ils ont eux-mêmes mis au monde des enfants qui ignorent tout de la vie en famille élargie, devenus adultes les frères et sœurs se séparent comme l'a fait la génération précédente. Les relations entre cousins germains vont être faibles, inconstantes, et quand le sens d'être cousin germain est invalidé de manière effective, le sens d'être grand- parent est très logiquement, impitoyablement menacé.

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Un faux individualisme


Face à ces dissolutions tous azimuts produites par la société, un certain individualisme se renforce, ce qui est assez normal. En étant prudent nous disons une certaine forme d'individualisme qui résulte de la décomposition du groupe, du collectif, du social dans son esprit. Le tout dans le contexte encore plus général et difficile à cerner d'un univers désacralisé, réduit à une équation matérialiste. Il s'agit plus d'un apparent et assez vain reflet individualiste. Le sujet, c'est-à-dire vous, moi, ou l'autre là-bas, ressemble plus à une machine tout aussi désacralisée et réduite à une équation matérielle.

Si c'est en France il sera très bien vu de dire " citoyen " ou " consommateur ", mais bon c'est quelque chose qui vit un certain temps, qu'on soigne comme on peut, et qui admire ses idoles derrière l'écran plasma géant qui a envahi le salon de la maison. Le surinvestissement dans le logement est aussi un enjeu financier et un marché considérable qui résulte de la forme très concrète, très matérialisée de ce que représente le surinvestissement personnel dans le foyer
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Imago


Parallèlement à toutes ces choses, nous avons donc une forte poussée de ce que l'on pourrait appeler des imago : imago du couple, de l'amour à deux, de la vie conjugale, puis ensuite des enfants engendrés par le couple. Ces imago révèlent parfois un surinvestissement, comme quand l'expression populaire traditionnelle dit : " mettre tous ses œufs dans le même panier ", une situation qui évoque le risque potentiel.

Chacun conviendra cependant que cette attitude s'explique encore et toujours. Car on attend d'autant plus d'un conjoint et ou d'un enfant qu'il n' y a pas grand-chose à quoi se raccrocher dans la vie sociale de tous les jours. Dans les cas, nombreux, trop nombreux , où cette vie sociale est trop limitée, trop vide, absente, sinistrement appauvrie, ou sinon source de problèmes stressants, de craintes récurrentes, de dureté et de souffrances répétitives…

Il faut prendre au sérieux des expressions comme " l'homme de ma vie " " la femme de ma vie " " mes enfants c'est ma vie " parce que souvent la vie est devenue un espace si non désertifié, très aride en tous cas en dehors du foyer.

Rappelons tout de même quelque chose d'important, c'est que le surinvestissement dans le couple par exemple n'a jamais signifié que les sentiments amoureux y étaient plus forts, plus intenses, plus passionnels. Ce que nous nommons surinvestissement c'est une image intérieure qui part en projection. Même si elle a de la profondeur, une capacité effective, elle reste une image. Seulement elle se projette massivement sur la conception, le sentiment qu'on se fait d'une vie en couple.

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Une histoire banale


Veuillez être indulgents avec l'aspect caricatural du propos qui va suivre mais vous reconnaîtrez qu'il n'est pas injuste ; on peut concevoir que des jeunes gens de type très normalisé et très conformiste, s'accouplent parce que le moment est venu de s'accoupler. Au gré des rencontres, ils se sont trouvés et ont entamé le parcours du rapprochement amoureux dans la plus grande norme conformiste et l'ont mené à une conclusion formelle ainsi qu'officielle. C'est bien, mais ils auraient pu aussi s'accoupler avec d'autres personnes dans d'autres circonstances. Chez eux n'existe pas réellement de romantisme absolu du genre " parce que c'était toi, parce que c'était moi. "

Cela ne les empêchera pas de se montrer exclusifs, jaloux et diversement intransigeants dans ce couple qu'ils ont mis en forme par un processus presque automatique, comme obligatoire, même s'il a été fondé indéniablement au départ sur une attirance réciproque, ou plus ou moins réciproque suivant les cas.

Ce qui est aussi important c'est que les deux protagonistes vont projeter une image intérieure puissante, personnelle (très personnelle parce que l'image intérieure qui anime l'un n'est pas forcément identique à l'image intérieure qui anime l'autre), image de ce que DOIT être le couple idéalisé.

Les conséquences du surinvestissement sont compréhensibles : aux premières défaillances transformées en déceptions les choses deviennent assez vite insupportables et les remises en cause vont se faire brutales. On cherche peu à comprendre ce qui se passe dans une psychologie réduite au minimal et on se dirige vers la séparation, dans un processus qui apparaît aussi automatique que celui de l'accouplement antérieur. Une fois séparé, on va tenter de re-créer un même couple idéalisé de l'intérieur de soi avec quelqu'un d'autre, cela se fera ailleurs, plus tard.

Papa et Maman déstabilisés


Le surinvestissement dans le sens parent --- enfants va montrer ses limites et ses risques dans les périodes de crise ou d'évolution. Temps classiques de la petite enfance, de la puberté, de l'adolescence ou temps imprévisibles des événements de vie, des transformations d'existence inopinées qui déstabilisent le foyer, quelles qu'elles soient...

Toute déstabilisation nécessitant des réajustements, et certains pouvant être considérables, la question va se poser avec acuité : quelles sont les ressources affectives et psychiques de la famille, quelle est sa capacité de créativité, son potentiel de renouvellement, comment se régénère-t-elle, comment communique-t-elle de manière interne et externe et ainsi de suite… C'est évidemment une grande partie de l'aspect du travail en entretien familial systémique et un questionnement profond et très complexe des mythes et des représentations propres à chaque foyer. Mais il est certain que le surinvestissement initial du/des parent(s) annonce une pression considérable des phénomènes en cours dans les périodes de crise.

Le grand repli


Le surinvestissement dans le sens parent---enfants va montrer ses limites et ses risques dans les périodes de crise ou d'évolution. Temps classiques de la petite enfance, de la puberté, de l'adolescence ou temps imprévisibles des événements de vie, des transformations d'existence inopinées qui déstabilisent le foyer, quel qu'elles soient.. Toute déstabilisation nécessitant des réajustements, et certains pouvant être considérables, la question va se poser avec acuité : quelles sont les ressources affectives et psychiques de la famille, quelle est sa capacité de créativité, son potentiel de renouvellement, comment se régénère-t-elle, , comment communique-t-elle de manière interne et externe et ainsi de suite…c'est évidemment une grande partie de l'aspect du travail en entretien familial systémique et un questionnement profond et très complexe des mythes et des représentations propres à chaque foyer. Mais il est certain que le surinvestissement initial du/des parent(s) annonce une pression considérable des phénomènes en cours dans les périodes de crise.

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