Aide aux victimes


Le thème que nous abordons ici apparaît bien comme l'exemple même d'une problématique qui ne saurait être seulement personnelle mais qui envahit résolument la préoccupation sociale.

En effet, nous devons considérer que plus le préjudice est lourd, du type crime de sang sur une personne innocente, plus l'onde de choc va se répercuter violemment sur l'entourage, et nous définissons l'entourage dans son sens le plus large.

aide aux victimes


Si les proches de la victime sont bien sûr extrêmement touchées, les relations beaucoup moins proches de cette même victime vont subir l'onde de choc dans une moindre mesure. Cette notion de " moindre " de " relatif " entraîne justement beaucoup de zones d'ombre.

Le thème que nous abordons ici apparaît bien comme l'exemple même d'une problématique qui ne saurait être seulement personnelle mais qui envahit résolument la préoccupation sociale.


En effet, nous devons considérer que plus le préjudice est lourd, du type crime de sang sur une personne innocente, plus l'onde de choc va se répercuter violemment sur l'entourage, et nous définissons l'entourage dans son sens le plus large.

Si les proches de la victime sont bien sûr extrêmement touchées, les relations beaucoup moins proches de cette même victime vont subir l'onde de choc dans une moindre mesure. Cette notion de " moindre " de " relatif " entraîne justement beaucoup de zones d'ombre.

Impact psychosocial du crime

Ce cercle élargi des relations de la victime désigne un nombre toujours différent suivant les cas et bien difficile à comptabiliser. Combien de personnes, qu'en savons-nous, et comment évaluer à partir de là une somme d'impact psychosocial ? Mais la réalité de cet impact est malheureusement bien là, jamais chiffrable, les conséquences du crime se répandent en ondes de perturbations.

La vision du monde de ces gens est plus ou moins altérée, ainsi que leur rapport personnel au monde extérieur, à la société, même si c'est silencieux, même si c'est au départ un sentiment interne.

Des gens isolés parce que leurs questionnements, leurs souffrances, leurs processus inconscients demeurent somme toute une affaire individuelle. Ils ne vivent pas une situation collective, ils ne font pas partie d'une population, d'une collectivité en guerre où tout le monde risque de prendre des bombes sur la tête.

Cet isolement rajoute du pénible à la difficulté initiale, car me voici dans une société officiellement en paix où je me sens seul, imagine me sentir seul à ressentir qu'à tout moment la violence meurtrière peut frapper sur moi, autour de moi, la preuve c'est arrivé à x avec qui j'entretiens tel type de lien.

Ces ondes de sensations, d'émotions, de sentiments sont des défis graves au besoin primordial de sécurité qui caractérise une condition d'épanouissement de l'être humain.

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Aide psychologique à trop court terme

Lorsque survient une tragédie quelque part en France qui affecte un groupe de personnes, les journalistes de la télévision française vous énoncent cette phrase rituelle et devenue un pur automatisme : " une cellule d'aide psychologique a été immédiatement mise en place pour prendre en charge ces gens . " Et cette phrase met souvent un terme à l'affaire et on passe à autre chose, cela a un côté presque magique.

Nous ne remettons certes pas en cause la valeur de ces cellules d'aide psychologique qui se définissent elles-mêmes comme une structure de crise, d'état d'urgence et qui répondent à cet enjeu. Une action psycho correcte va un peu limiter la casse dans les vingt quatre heures qui suivent un traumatisme. Les circuits émotionnels du cerveau engramment le plus lourdement le traumatisme dans ce délai rapide.

Mais ça ne veut pas dire que les gens sont tirés d'affaire après, loin de là.
Or après, il n'y a plus personne, et pas de journalistes non plus d'ailleurs, c'est le silence radio qui retombe.

Le crime de sang banalisé

Puisqu'on parlait de la société française, il semble évident qu'elle renvoie depuis des années une image de banalisation du crime de sang sur personne innocente. Ce n'est pas là une question de chiffres, de statistiques, de faits enregistrés, c'est une question d'image et de perception. Les gens savent par exemple que la réclusion à perpétuité est une notion virtuelle, que certains de ces meurtriers sont libres après des peines très raccourcies dans le silence et l'opacité d'information des autorités. Car les gens s'entendent dire qu'il valait mieux cette discrétion autour des libérations anticipées afin que les personnes libérées puissent être tranquilles et se réinsérer dans la vie professionnelle qu'on leur a préparée.
Les gens savent que d'autres meurtriers ont été finalement jugés irresponsables, hospitalisés en psychiatrie mais parfois retrouvés errant libres dans les rues deux ans plus tard.


Sans compter que les média et l'intelligentsia bien-pensante applaudissent dés qu'on met le micro sous le nez d'une famille qui déclare pardonner à l'assassin de leur proche, sans compter les irruptions de tel ou tel énergumène proclamé spécialiste médiatique qui conclue que le plus important est de savoir faire son deuil et que c'est la condition pour réapprendre à vivre et ainsi de suite. Tout y passe.

Dans un autre registre, souvenons-nous que pendant longtemps la criminalité routière a profité d'un incroyable phénomène de banalisation. Après tout, c'était toujours un accident, un risque, sinon on ne roule plus, donc on ne vit plus. Si vous vous faîtes tuer par un dangereux personnage qui manipule une tonne et demie de métal à roues, c'est triste, mais ça arrive.

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Un imaginaire collectif morbide répétitif

Bon c'est vrai pourquoi ne pas vivre après tout avec ces intéressantes conceptions de l'existence ?
Parce que ça marche, mais mal. La psychologie profonde de nos concitoyens n'a pas opéré une telle mutation historique et génétique et elle conserve son besoin naturel primordial de sécurité.

Bien sûr, on a parfois l'impression de voir surgir des paradoxes. Comment, me direz-vous, se fait-il que ces Français se nourrissent d'une telle fascination pour les fictions policières basées sur la morbidité criminelle et le sang versé , comment se fait-il aussi que ces mêmes fictions aient révélé un personnage qui a battu les records d'audimat : le tueur en série, le préféré d'une population consommatrice d'histoires délirantes.
C'est à débattre, mais il faut se représenter un pays, une société où les meurtres sont rarissimes, il y en a encore quelques-uns dans le monde. C'est ennuyeux , on ne peut pas s'en servir de décor pour les milliers de romans, de films et de téléfilms et de séries, de jeux vidéo. Pour les publics de ces pays-là, on peut inventer des paysages et des contextes imaginaires, vaguement américains. L'Amérique c'est génial pour ça, comme disait Boris " faut que ça saigne " et quand ça saigne américain ça marche bien, il en savait quelque chose.

La société antisociale

Lorsque le crime de sang se banalise dans une société, il se produit une répercussion sur l'état d'esprit de sa population, même s'il n'y a pas de réelle augmentation de ces crimes dans les statistiques. Le changement se génère progressivement, de manière difficilement décelable et évaluable, il concerne nettement la culture relationnelle et la communication sociale.
Le fameux sentiment d'insécurité est un phénomène plus dévastateur, plus profond que le sens qu'on lui donne et qui décrit quelque chose d'assez vague et sournois. Il transforme réellement les données du vivre ensemble et il transforme donc le climat psychosocial dans lequel vous grandissez et vieillissez. Il affecte tout le monde mais dans des registres et à des degrés bien sûr différents.

En ce sens, la tragédie du fait divers n'est pas seulement un préjudice personnel évoquant une catastrophe existentielle, mais c'est bien un crime déstabilisant la société, et dans un sens antisocial. La banalisation est une contradiction très inquiétante des capacités d'une société à se concevoir comme sociale et protectrice.

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Les victimes, l'entourage et nous

Dans l'entourage large des victimes, il y a la possible montée d'un sentiment global de perte de sens et de repères, d'une absence de justice dans l'existence, une autre montée de comportements paranoïaques sans psychose mais aussi de réactions de violence intérieure qui éventuellement vont évoluer en violence extérieure. Cela peut aussi prendre une forme d'implosion, de comportement autodestructeur, une radicalisation névrotique d'attitudes rigidifiées et automatisées…

L'accompagnement psychosocial n'intervient pas dans l'urgence mais conserve à l'esprit que c'est bien un état d'urgence qui l'a initié, quelque chose de terrible dont tout le monde se serait bien passé.

Comme notre formation et notre mode de travail sont phénoménologiques, nous ne nous situerons pas dans le champ des préjugés et de la moralisation. Cependant, parallèlement, nous sommes par la force des choses du côté des victimes. Sur le plan judiciaire, leur avocat travaille pour eux, il nous appartient de faire de même sur le plan psychosocial. Les criminels ont d'autres défenseurs et d'autres personnes accompagnantes.

La première étape est de faire alliance, mais ceci est vrai dans toute démarche de relation d'aide psychologique. Il s'agit de la fameuse alliance thérapeutique définie dans le champ clinique, sans laquelle rien ne peut se faire d'efficace. L'accompagnant met ses compétences au service de x et y, il reste en même temps lui-même mais ses convictions morales n'envahissent pas l'espace-temps du travail relationnel. Bien sûr, il va poser les repères et les limites déontologiques de rigueur. Il ne laissera pas non plus son client nuire aux intérêts de personnes innocentes ou mettre la vie du client en danger.

Mais pour le reste, nous accompagnons les gens dans un cheminement qui est le leur et que nous ne maîtrisons pas . C'est subtil, fragile, compliqué, dur…nous les rejoignons où ils sont, sans jugement ni censure, condition obligatoire de l'alliance. Le travail ressemble à celui d'autres situations de vie, il s'agit toujours de mettre en lumière les zones d'ombre, favoriser les prises de conscience, dévoiler les ressources internes, libérer les axes de communication bloqués dans le système de référence (famille et autres)…

Nous n'avons ni droit ni disposition à juger d'un esprit de vengeance, d'un esprit de pardon, d'un esprit de résilience, nous ne sommes pas des directeurs de conscience. Nous accompagnons des personnes qui peuvent se révéler plus ou moins meurtries, elles sont ce qu'elles sont au moment où elles le sont, elles n'avaient pas demandé à subir les préjudices graves qui ont bouleversé leurs vies.

Il s'agit bien de se tenir à leurs côtés, pendant le temps que nous déterminons ensemble. Nous ne pouvons faire grand-chose de plus mais c'est cela qui crée déjà une grande et décisive différence.

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SI VOUS CHERCHEZ ...


Accompagnement psychosocial : thème 1
Adolescence: thème 4 et thème 8
Amour (sentiments, représentations, réalités…) thème 3, thème 4 et thème 8
Analyse systémique : thème 2
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Couple : conjugal : thème 3 et thème 4
Couple : parental : thème 3, thème 4, thème 7, thème 8, et thème 9
Crime : thème 5
Désir (libido…) : thème 4
Deuil : thème 10
Ecole (scolaire) : thème 8
Erotisme : thème 4 et thème 6
Europe de l’ouest, problématiques de vie courante : thème 6
Famille, entretiens familiaux : thème 2, thème 3, thème 7, et thème 8
Gestalt-thérapie : thème 2
Identité (culturelle, de langue, géographique…) : thème 9
Insécurité (sentiment d’insécurité) : thème 5
Maladie de longue durée : thème 7
Média (rôle, influence…) : thème 4, thème 5, thème 6, et thème 8
Métis, métissage : thème 9
Parent, parentalité : thème 3, thème 4, thème 7, thème 8, et thème 9
Parents d’élève : thème 8
Psychothérapie (écoles, courants, pratiques…) : thème 1, et thème 2
Sexisme (masculin et féminin) : thème 4
Sexualité : thème 3, thème 4, et thème 8
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